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19.12.2007
Fin de l'Acte I
Si mon Mardi ne fut pas une journée morte, je fusse bien inactif surtout qu’un couché du Soleil à 15h30 vous passe tout envie de quelque entreprise. Cependant, ce soir là, c’était la fête de fin de semestre qui venait clore quatre mois d’Auberge lituanienne. Après la remise des cadeaux, Noël oblige (à noter que l’idée venait de moi), nous partîmes pour le Prospekto, la boîte Erasmus de Vilnius, jouer les Finlandais en visite à Tallinn. Dernière soirée, premiers « au revoir », y’avait comme de l’émotion, un mélange contraire de tristesse et d’allégresse car pour certains c’était déjà la fin.
Ayant passé (une fois encore allez vous dire) la plupart de la journée au lit, n’ayant mis les pieds dehors que pour aller acheter à la librairie française Vie et destin de GROSSMAN (1172 pages !) pour tuer les 5 heures d’attentes à Francfort (merci maman), je n’ai trop eu le temps de vraiment cogiter ce que je ressent face à cette fin de trop court semestre. Vont-ils me manquer et à quel point, je pense que je ne m’en rendrais compte que le semestre prochain qui verra apparaître d’autres acteurs. Fin de l’Acte I, Entracte.
Livres lus ou en cours ce semestre : Le Choix de Sophie de STYRON, La Refondation du Monde de GUILLEBAUD, The Holocaust in Lithuania de BUBNYS Les Disparus de MENDELSSOHN, L’Ingratitude et Le Mecontemporain de FINKIELKRAUT Musiques écoutées ce semestre : Bien sûr les Strokes, Albert Hammond Jr, Ben Harper, Jack Johnson, Justice, Phoenix, découverte de Coco Rosie, de Balkan Beat Box de l’électro (Théo oblige), redécouverte de Karpatt, Gainsbourg et j’en oublie… A très bientôt en France (il paraît qu’on a changé de première Dame de France ?)
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10.12.2007
Parce qu'une citation de temps en temps ne fait pas de mal...
« L’âme compliquée de l’Europe procède de son terrain : du contour de ses rives, de la hauteur de ses montagnes, du climat et de la direction des rivières. Sur chaque baie, un duc différent régnait ; une île avait son roi. Et, comme de l’autre côté de chaque montagne on parlait une autre langue, il était impossible d’établir une administration unique. Nul conquérant n’a pu s’emparer n’a pu s’emparer de l’Europe d’un trait, il butait toujours sur un obstacle, perdant temps et force. Sur les territoires conquis, il laissait derrière lui des communautés insurgées, qui, en dépit de leur dimensions, se proclamèrent Etat et, en dépit de leurs dimensions, firent de leur patois une langue administrative et rien n’y a changé jusqu’à nos jours. Chassés d’un endroit, prédicateurs, enseignants, artistes, savants, s’établissaient un peu plus loin et personne n’y pouvait rien. Autant d’avancées dans le contour de l’Europe, autant de politiques différentes, autant de montagnes, autant de forteresses, de châteaux, de dynastie. Autant de temples, autant de prêtres, presque autant de Bibles différentes que d’Eglises. Différente la musique à l’Ouest et à l’Est, différent votre pain du notre… »
Ludvic Vaculik Mon Europe
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Théo et moi devant le Café de Paris (photo digitale la classe..)

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07.12.2007
Le convoi 73
J’ai récemment compris que la culture c’est avant tout établir un lien avec le passé, avec les morts. Quelle meilleure illustration de cette vérité le fait que j’assistasse mardi dernier à la dernière conférence au CCF du cycle « Histoire et Mémoire » qui se concluait par le récit sur le " convoi 73, le dernier convoi des Juifs de France déportés à Kaunas" présenté par Pierre Kukawka, chercheur émérite à l’IEP de Paris et fils de l’un des 878 déportés de l’exceptionnel convoi 73. Exceptionnel par sa composition : 878 hommes d’âge mûr, ce qui s’explique probablement d’après les témoignages des rescapés, par le fait que les autorités de Drancy ont laissé miroiter à ces « volontaires » l’idée qu’ils seraient transféré dans un camps de travail en Allemagne, unique chance pour ces derniers d’espérer s’échapper de l’enfer concentrationnaire. Il n’en fût rien et le convoi 73 parti en direction des pays Baltes. Convoi exceptionnel également donc de par sa destination. En effet, les convois de Drancy avaient d’ordinaire pour funeste destinée Auschwitz. Pourquoi Kaunas ? Pourquoi Tallinn ? Certains comme Serge Klarsfeld avancent l’idée qu’il s’agit là d’une simple erreur, dans les tourments de l’année 44. D’autre comme le père Desbois, dans son remarque travail sur la Shoah par balles, explique que les déportés se retrouvèrent dans ces contrés lointaines dans le but de nettoyer les fosses communes, afin de se disparaître toute traces d’exaction génocidaire face à l’avancée des Soviets. Choix qui paraît d’autant plus judicieux que si l’un des déportés venu de France réussissait l’exploit de s’échapper, il ne serait en possibilité de communiquer ce qu’il a vu, ce qu’il a vécu. C’est en tout cas l’idée à laquelle se rattache Mr. Kukawka. Son exposé fût tout à fait exceptionnel, concluant un cycle d’une grande qualité et relatant une histoire dans l’Histoire, et non des moindres puisque commune à la France et aux pays Baltes. Assis au deuxième rang, on pouvait ressentir l’émotion du professeur lors de son récit du convoi extraordinaire où son père et son oncle périrent. Imaginez en effet quel ne fût pas son émoi, lui, qui persuadé depuis sa tendre enfance que son père avait succombé à Auschwitz de reconnaître une inscription de ce dernier à la prison du fort n°9 de Kaunas. Son récit m’a fait penser à celui de Mendelsohn : Les Disparus que j’ai momentanément stoppé (je mis remet dès mon retour en France, promis Franck). Quoi qu’il en soit, si le travail de mémoire et de compréhension de cette période est passionnant, il n’en est pas moins impérieux, et c’est sur des paroles inquiètes que Mr. Kukawka a conclut ses propos, sur le fait qu’un grand point d’interrogation plane sur la transmission de cette mémoire à la future génération, à nous, qui ne fûmes pas touché par les atrocités du siècle dernier, nous qui ne sommes pas victimes, mais héritiers d’un passé que nous devrions honorer. Seulement, je viens d’achever l’ouvrage de Finkielkraut, L’Ingratitude, que mes parents m’avaient envoyé (pour ceux qui suivent), dans notre Modernité, et l’effet s’en fait d’autant plus ressentir en Erasmus, « La soif et la faim tendent à s’imposer comme l’unique dimension de l’existence ».
Sur ces sombres paroles philosophiques, il est temps pour moi d’aller me coucher. Labos nakties ir saldziu sapnu.

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