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06.03.2008

Nasdrovia Dovaritch Loukachenko !

La vie Erasmus continue avec ses changements et ses voyages. Commençons par là. Pour ceux qui ne le savaient pas, je me suis rendue ce week end dans la dernière dictature européenne, dans un pays qui, pensais-je, faisait encore front à l’impérialisme américain. Ce pays, c’est la Biélorussie, ou la Russie Blanche. Mais avant toute chose, présentation de ce pays si méconnue.

Contrée du Grand Duché de Lituanie au XIV° siècle, la Biélorussie est intégrée politiquement à l’Empire russe au XVIIIème après la dissolution de la Pologne (héritière du Grand Duché de Lituanie). Pour Moscou, les Biélorusses sont des russes comme les autres : des russes blancs. Après la révolution d’Octobre 1917, la Biélorussie devient une des Républiques fondatrices de l’Union soviétique et à l’effondrement de celle-ci en 1991, elle devient indépendante finalement pour la première fois. Et en fait, cette indépendance semble résulter plus de circonstances que d’une véritable volonté nationale. Les Biélorusses n’ont jamais véritablement exprimé de volonté d’être indépendant : ils partagent un héritage commun avec les Russes, une langue apparentée, la religion orthodoxe…

Aujourd’hui le pays a presque 10 millions d’habitants mais depuis les années 80, le taux de fécondité n’a cessé de décliner et ce à cause de Tchernobyl dont 70% des retombées radioactives furent en Biélorussie. 27% des terres et eaux restent contaminées pour plusieurs siècles, mais les Biélorusses ne le savent pas à cause du régime qui bien sûr cache de telles informations. Le régime est dirigé par Alexandr Loukachenko, élu démocratiquement en 1994 sur la nostalgie que l’Union soviétique pouvait inspirer. Depuis 1996, un système autoritaire a été mis en place mettant fin à la Constitution démocratique. L’expression dissidente est muselée par une police politique : le KGB (tiens donc…). L’économie est contrôlée à 80% par l’Etat comme à l’époque soviétique. L’agriculture reste organisée en fermes d’Etat Sovkhozes et kolkhozes. Grâce au maintient de cette économie planifiée, Louka a réussi à maintenir un certain niveau de vie aux biélorusses qui en retour lui apporte leur soutiens.

Classée par Condoleezza Rice comme poste avancée de la tyrannie avec l’Iran, la Corée du Nord, Cuba, la Birmanie et le Zimbabwe (bref que du beau monde), je m’attendais en me rendant à Minsk à faire un saut de trente ans en arrière, avoir un avant goût de ce que put être la réalité du monde soviétique. Parti plein de clichés et de fantasmes d’atterrir dans un monde délaissé par la marche de l’Histoire, je dois avouer que je fus un peu déçu. Mise à part une surveillance policière omniprésente, rien ne sembla en effet différencier Minsk de toute autre capitale d’Europe de l’Est. Fast foods, écrans publicitaires électroniques, discothèques stylées, rien ou presque ne semblait refléter le caractère autoritaire du régime. Heureusement, monuments à la gloire de l’Homo Sovieticus, bâtiments staliniens et quelques marteaux et faucilles par-ci par-là étaient là pour nous rappeler que finalement nous n’étions pas n’importe où. Il faut dire aussi que Minsk, ce n’est pas la Biélorussie et que la vision de jeunes occidentaux venus là pour faire la fête ne peut refléter la réalité d’un pays. D’autant que j’eus un peu de difficulté à pénétrer la culture biélorusse, dormant les deux heures durant une représentation de Don Juan, version techno-flashy, bref d’un kitch ! et ne pouvant pas lire les panneaux en alphabet cyrillique du musée de la guerre. J’explorais, heureusement une autre partie de la culture nationale : la descente de vodka. Il serait à peu près inutile de disserter sur ce point (même si c’est çà qui vous intéresse : voyeurs !) ces moments ne se racontent pas : ils se vivent. Ce que je peux par contre vous dire, c’est qu’avec les anciens du camp de Moletai, avec les vieux de la vielle, un véritable groupe s’est instauré avec des relations fortes, ce qui rend la vie ici d’autant plus agréable mais aussi d’autant plus dure la séparation à la fin du semestre qui mine de rien se rapproche à une vitesse folle (où est passé mon mois de Février ?).

Quelques mots encore de mon quotidien ici avant d’aller me coucher pour partir demain à Cracovie (et oui, je deviens un grand voyageur…). Je n’ai ce semestre que quatre matières ayant fait le plein de crédits au premier semestre qui sont Intermédiate Lithuanian, EC Competion Law, EC Company Law et EU Labour Law. Ne vous inquiétez pas, mon stage à la ccfl et mes quatre heures de russes hebdomadaires me remplissent bien mon emploi du temps. Autre chose, Théo m’a quitté après consentement mutuel, je vis désormais seul, mais je suis vraiment libre de faire ce que je veux. J’ai réussi à obtenir la garde de la douche et des toilettes que Théo a le droit de rendre visite lorsque les besoins s’en font sentir…Heureusement, il y a France Culture pour ne pas se sentir seul et surtout mon voisin norvégien : Tim le Viking chez qui je squatte la plupart du temps.

Voilà pour les nouvelles, je dois à présent aller faire ma valise pour demain : Cracovie, à nous deux !

Commentaires

".....la Pologne (héritière du Grand Duché de Lituanie)! Ouh la la, il y aurait eu besoin de quelques cours d'histoire en plus!!

"Mise à part une surveillance policière omniprésente, rien ne sembla en effet différencier Minsk de toute autre capitale d’Europe de l’Est". C'est un euphemisme! J'etais a Minsk en 2006 le jour de la reinstallation de Luka pour son deuxieme mandat. Avec un flic en civil tous les cinq metres (sauf sur les carrefours: au coude-a-coude!), on sentait bien la surveillance policiere omnipersente!

Au moins, a Cracovie, tu auras des souvenirs historiques a voir car, a Minsk, il semble qu'il ne se soit rien passe avent la "grande guerre patriotique" (sic)!

Gilles (du bon cote de la frontiere)

Ecrit par : Gilles | 07.03.2008

Je complète le commentaire de Gilles...sur l'histoire de Minsk.
Il me semble que notre petit Napoléon est passé à Minsk -via Vilnius- à l'aller et au retour de Moscou -un tableau relate cet épisode-, avec sa grande armée, mais peut être ne s'y est il pas trop attardé, surtout sur le chemin du retour où l'eau de la Berezina était peut être un peu trop fraîche à son goût (ou trop chaude puisque la glace de la rivière avait malheureusement fondu!!).

Bie bie
JPM

Ecrit par : JP | 09.03.2008

Le Viking en fait il est gayyyy !!!!

Ecrit par : Marred | 14.03.2008

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